Comment parler d’énergies renouvelables sans parler de maîtrise de la consommation ?
Ce serait comme faire attention à ne pas polluer l’eau, puis la stocker dans un récipient percé… Utiliser de l’énergie provenant d’une source d’énergie renouvelable ne suffit pas, ce qu’il faut c’est arrêter de gaspiller.
Dans le cadre de la loi de programmation et d'orientation de la politique énergétique, la France s'est engagée à diviser par quatre sa consommation d'énergie à l'horizon 2050. Pour cela, il est nécessaire d’utiliser des énergies renouvelables, mais il convient avant tout de consommer moins et mieux.
Alors, prêts à faire des économies* ?
* On entend par économies d’énergie l’ensemble des actions économiquement rentables entreprises pour réduire la consommation d’énergie, ainsi que pour consommer l’énergie de façon optimale. |
L’habitat doit être la première cible de nos efforts. En effet, les bâtiments d'habitation et les immeubles de bureaux représentent 44% de la consommation d'énergie de la France et un quart des émissions polluantes ayant un effet sur le réchauffement de la planète et le changement climatique.
Dans la plupart des bâtiments, on ne consomme pas l'énergie, on la gaspille.
Gaspillage formidable, d'une part à cause des pertes par l'enveloppe (toiture, sol, murs et fenêtres), qui est un véritable «panier percé», et d'autre part à cause du rendement des équipements (chauffage, ventilation, climatisation) qui, dans l'habitat existant surtout, n'offrent pas l'efficacité énergétique des produits modernes. |

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La première utilisation de l'énergie reste le chauffage (69%), suivie de l'eau chaude sanitaire et de cuisson (20%) et enfin les équipements électriques (11%).
Le chauffage
Pour atteindre le confort thermique souhaité, le niveau de température nécessaire pour le chauffage (ou la climatisation) se situe entre 18 et 20°C.
Sous nos latitudes tempérées, une maison qui serait très bien isolée ne nécessitait de chauffage que dans la salle de bains.
Les fenêtres et baies vitrées jouent un rôle très particulier. Bien sûr, elles doivent empêcher le froid de rentrer et le chaud de sortir, comme les parois opaques, mais elles constituent aussi le premier capteur solaire intégré en façade, surtout si elles sont associées à une inertie thermique adaptée (stockage intermittent de la chaleur).
Equipements électroménagers performants
Privilégiez les appareils de classe A, certes plus chers à l’achat, mais moins gourmands en électricité (jusqu'à trois fois moins) . De même, évitez d’acheter des appareils d’occasion : les appareils récents consomment moins d’eau et moins d’électricité.
Ne mettez pas les appareils en veille, éteignez les complètement. Une journée en veille équivaut à environ quatre heures de fonctionnement (sans compter que vos appareils s'usent plus vite).

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Eclairage
Nos vieilles ampoules s'apparentent plus à des appareils de chauffage, puisque seulement 5% de l'énergie qu'elles consomment se transforme en lumière.
En attendant la « révolution LED » (Light Emitting Diode*), pensez à remplacer vos ampoules traditionnelles, à filaments et halogènes, par des ampoules basse consommation. Plus chères à l'achat, elles durent huit fois plus longtemps et consomments quatre fois moins d'énergie.
Fenêtres et baies vitrées favorisent l'éclairage naturel, ce qui signifie économie d'énergie et surtout bien-être, même en été, si elles sont combinées avec des protections solaires et un système de ventilation. |
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Isolation
Le renforcement de l'isolation thermique se traduit généralement par une augmentation de l'épaisseur de l’isolant, qui peut atteindre 40 cm
L'isolation des bâtiments par une enveloppe extérieure (au lieu d’un doublage intérieur), permet de réduire les pertes de chaleur sans perdre de surface d’habitation.
Pour aller jusqu’au bout, il est possible d’utiliser un isolant naturel, comme le chanvre, le lin, le coton, la laine de mouton, la cellulose, la perlite ou le liège… |
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Orientation du bâtiment
Autant que possible, pensez à profiter au maximum des possibilités offertes par l’environnement naturel. En orientant l’avant de votre maison (avec de préférence une façade comportant des portes-fenêtres ou une véranda) vers le sud vous profiterez de la chaleur solaire. Ainsi, l’arrière de la maison, situé au nord, joue le rôle d’un isolant thermique, surtout si l’absence d’ouvertures ou la présence d’un espace non chauffé (comme un garage) diminue la perte de chaleur.
Quelques conseils supplémentaires
0,5 cm de givre dans votre réfrigérateur augmentent la consommation de 30%, alors pensez à dégivrez.
Un sèche-linge consomme 2 fois plus qu’une machine à laver, de plus il n’existe pas d’appareil de classe A en France.
Les modèles récents de lave-vaisselle consomment moitié moins d’eau qu’il y a 10 ans, or 80% de l’énergie consommée par un lave-vaisselle sert à chauffer l’eau.
Préférez les heures creuses pour mettre en marche votre lave-linge et/ou lave-vaisselle, et préférez les cycles "court" ou "éco" (une lessive à 40°C concomme 25% d'énergie en moins qu'à 60°C).
Lien vers le site de l'Ademe : http://www.ademe.fr/particuliers/fiches/aides_financieres/rub2.htm
Finalement, …
Une conception judicieuse (optimisation de l'éclairage naturel, protections solaires...), des technologies adaptées (isolation renforcée, vitrage faiblement émissif…), des équipements performants (chaudière à haut rendement, robinets thermostatiques...) et quelques habitudes simples à adopter (éteindre lumières et appareils…) ; maîtriser sa consommation en énergie ce n’est pas si compliqué !
Le surcoût à la construction demeure très difficile à évaluer, mais se situe entre 6 et 25%. En revanche, les études montrent qu’il est rapidement couvert grâce aux économies réalisées : des économies d'eau de 20 à 50% et surtout des économies d'énergie de 30 à 50%.
De plus, les retours d'expérience montrent qu'il existe une étroite corrélation entre une basse consommation d'énergie et une haute qualité de confort et de salubrité. En effet, un chauffage basse température, la maîtrise des températures ambiantes, associés à une ventilation mécanique contrôlée, évitent par exemple les risques d'humidité et de moisissures, de pollution de l'air intérieur et de bruit en provenance de l'extérieur (l'aération étant effectuée par la ventilation et non par l'ouverture des fenêtres).
Pour aller plus loin :
Site defipourlaterre.org
Guide éco-conseils de l'ADEME
DANS LES COLLECTIVITES LOCALES
Plan Eco-Energie : Programme de Maitrise de la Demande d’Electricité et de Développement des Energies Renouvelables sur l’Est de la région PACA
Afin d'entraîner le maximum de collectivités locales des Alpes-Maritimes dans le processus vertueux de la maîtrise de la demande d'électricité, les maires du département ont été réunis, le 19 mars dernier, par Messieurs le Préfet des Alpes-Maritimes et le Président du Conseil Régional.
Les 29 collectivités présentes se sont alors vues proposer une action simple dans 3 domaines :
- la gestion de l’intermittence,
- la mise en place d’un éclairage performant dans les bâtiments,
- la gestion de l’éclairage public.
22 communes ont accepté l'expérimentation.
Quelques actions…
Les communes de Gréolières et de Villars-sur-Var ont choisi de travailler, entre autre, sur l’éclairage public. Le remplacement des lampes à mercure par des lampes au sodium sera remboursé en deux ans et demi avec, à la clé, une économie de 35% de la facture énergétique. En terme d’éclairage des bâtiments, le changement est plus difficile à rentabiliser ; d'où la nécessité de penser éclairage performant (ballasts électroniques et tube T8) au moment des travaux de construction ou de rénovation.
Fiche du CLER sur les économies d'énergie liées à l'éclairage public
Pour la coopération entre les communes et la société civile, le projet de charte d'engagement des stations du Mercantour est à ce jour le plus original. Le personnel de la Communauté de Communes est invité à signer la charte pour la bonne utilisation des énergies dans les bâtiments publics et ainsi appliquer quelques éco-conseils simples mais indispensables tels que ne pas laisser d’appareils en veille, le soir quand on quitte son lieu de travail, mettre en mode économie d’énergie les télécopieurs et les ordinateurs ou encore optimiser l’éclairage de son poste de travail.
Dans les bâtiments, au service assainissement de la ville d’Antibes, l’optimisation de la ventilation va diminuer par quatre les consommations énergétiques qui passeront de 386 kWh/m2 à moins de 100 kWh/m2. Les actions les plus courantes en matière de chauffage concernent la pose d'horloge. L’installation de programmateurs permet de moduler automatiquement la température dans les différentes pièces d’un local, selon les périodes d’occupation et les activités exercées.
Prenons le cas d’une école : pourquoi gaspiller l’énergie en chauffant le bâtiment non seulement la nuit, mais également les week-ends et les vacances scolaires ?
Certaines collectivités se sont par ailleurs lancées dans un programme plus ambitieux. C’est le cas des communes de Mouans-Sartoux, qui a signé un accord global sur trois ans, et d’Antibes qui a mis en place un service énergie.
Exemples d'opérations en partenariat avec l'ADEME et EDF
L'ouverture du marché énergétique, le 1er juillet 2007, va modifier le statut d'EDF.
Pour aller plus loin…
Les grands principes de l’architecture bioclimatique :
- se protéger du soleil l'été et profiter de ses apports l'hiver;
- disposer au maximum les pièces à vivre au sud (salon, cuisine, chambres)
- mettre les ouvertures vitrées au sud
- choisir des matériaux de construction performants avec une bonne inertie,
- préférer des vitrages peu émissifs (super isolants)
- assurer une bonne ventilation naturelle
C’est en 1996 qu’est créé, par des professionnels du secteur du bâtiment, l'association Haute Qualité Environnementale (HQE). Ni réglementation ni label, la HQE est avant tout une démarche qualité, l'objectif est de minimiser l'impact environnemental d'un bâtiment pendant toute sa durée de vie : construction, utilisation, destruction.
Chaque maître d'ouvrage s'engage sur quatorze thèmes visant à maîtriser ou limiter les impacts sur l'environnement, à mieux gérer la consommation en énergie et en eau, et à créer un espace intérieur confortable et sain.
La démarche se résume en 14 cibles regroupées en 4 grands objectifs:
Eco-construction :
Cible 1 : Harmonie du bâtiment avec l'environnement
Cible 2 : Choix des matériaux de construction
Cible 3 : Chantiers à faibles nuisances
Eco-gestion :
Cible 4 : Gestion de l'énergie
Cible 5 : Gestion de l'eau
Cible 6 : Gestion des déchets
Cible 7 : Entretien et maintenance
Confort :
Cible 8 : Confort hygrothermique
Cible 9 : Confort acoustique
Cible 10 : Confort visuel
Cible 11 : Confort olfactif
Santé :
Cible 12 : Conditions sanitaires
Cible 13 : Qualité de l'air
Cible 14 : Qualité de l'eau
Le concept de «maison passive», (Passivhaus) a été élaboré en Allemagne à la fin des années 1980. C'est une norme énergétique pour les bâtiments ainsi qu'une appellation utilisée pour certains types de maisons à très faible consommation énergétique, offrant, contrairement à une maison de type traditionnel, une température ambiante agréable sans l'application conventionnelle d'un chauffage.
La marque Minergie s’est développée en Suisse vers la fin du siècle.
Elle se décline en deux niveaux.
- Le niveau Standard (S) est attribué à des bâtiments dont la consommation d'énergie finale n'excède pas 42 kWh/m²/an, (environ 4 litres de fuel/m²/an), la moyenne suisse étant de 12 litres/m²/an contre 19 en France,
- Le niveau P se rapproche du label allemand Passivhaus.
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